patrimoine industriel

Champagne-Ardenne, Ardennes


Usines métallurgiques

Type de dossier : collectif d'aire d'étude Date de l'enquête : 2009

Désignation

Dénomination : usine métallurgique
Décompte des oeuvres recensées : 33 repérées ; 24 étudiées

Compléments de localisation

Aire : Ardennes

Historique

Commentaire historique : Les usines métallurgiques sont des usines où, sur un même site, on produit et transforme le métal en produits semi-finis. Une trentaine ont été repérées, essentiellement dans le bassin sedanais (Vrigne-aux-Bois, Illy, Givonne), de Carignan-Mouzon (Pure, Osnes, Douzy, Blagny, Brévilly), autour de Flize-Boutancourt, de Monthermé, et de Renwez (Montcornet, Les Mazures).
Le processus de fabrication dans ces usines débute souvent au stade de l'affinerie. Avant le premier tiers du 19e siècle, cette phase est assurée par une affinerie composée d'un feu et de marteaux. A partir de la décennie 1820, cette tâche est de plus en plus dévolue à un dispositif venu d'Angleterre, le four à puddler. Une fois la fonte affinée en fer, le plus souvent sous la forme de barres, l'étape suivante consiste à transformer ce fer en produit semi-fini : plaques, fers plats ou fils. Lesquels étaient ensuite utilisés par les charrons, les forgerons et les maréchaux ferrants, les taillanderies (fabriques d´outils tranchants), ou les tréfileries qui fournissent en fil et minces tiges les cloutiers de Charleville et des vallées. Le fer large était fourni aux usines de ferronnerie et de boulonnerie, les petits fers servaient à la bouclerie et aux ateliers de platinerie. L'étape suivant l'affinerie pouvait être assurée par un martinet (mentionné par exemple à Givonne à la fin du 18e siècle, ou à Illy en 1812), par une fenderie (mention à La Commune en 1801), une platinerie (à Matton-et-Clémency, fabrique du fer platiné pour la poêlerie, spécialité locale), ou laminoir (à Flize en 1832, ou à l'usine de la Jacquemotte à Illy en 1835). Certaines usines intègrent plusieurs processus de transformation dès leur conception comme à la Fenderie de Vrigne-aux-Bois où J.-N. Gendarme installe une affinerie, une fenderie, deux laminoirs et un marteau cingleur ; ou bien après-coup comme à Pure où Devillez-Bodson ajoute vers 1830 une fenderie à son affinerie et à son laminoir.
Celles plus complètes encore et incorporant un haut fourneau sont assez rares dans la première moitié du 19e siècle. En 1806, les Neuves-Forges des Mazures qui appartiennent à J.-N. Gendarme possèdent deux bocards, deux hauts fourneaux, une forge d'affinerie, une rebatterie de boulets et une platinerie ; et les forges de Brévilly sont composées en 1819 d'un haut fourneau, de deux feux d'affinerie à deux marteaux, de deux fours à puddler, et d'un laminoir. En 1822, les frères Lagard innovent à Linchamps en regroupant dans une longue halle (subsistante) le haut fourneau, la forge et la fenderie. La seule usine semblant avoir appliqué totalement les méthodes anglaises (utilisation du coke) était l'usine de Guignicourt-sur-Vence, construite en 1824 par Bertrand-Geoffroy : elle comportait un haut-fourneau (éteint en 1838), deux feux de forges et deux fours à puddler, un laminoir, une fenderie.
A partir de la seconde moitié du 19e siècle, les usines métallurgiques vont aller plus loin en aval dans le processus de fabrication (vers le produit fini) et beaucoup moins en amont (abandon progressif des hauts fourneaux intégrés, comme à Guignicourt-s.-Vence dès 1838). Ainsi, l'usine de Pure qui disposait dans la 1ère moitié du 19e siècle d'un système assez complet allant jusqu'au laminoir se voit ajouter des presses et des pilons à partir des années 1850. L'aboutissement ultime de ce type d'usine se trouve à Vireux-Molhain où l'usine qui voit le jour en 1862 est équipée de six fours à puddler, deux fours à réchauffer, deux cubilots et des laminoirs ; en 1866 un haut fourneau de 16 mètres (le plus haut réalisé dans le département, éteint en 1893) est construit pour alimenter l'usine en fonte ; elle s'équipe ensuite de convertisseurs Thomas, de fours Martin, et de laminoirs afin de produire de l'acier, de l'acier laminé et des essieux de train. Cette diversité de production et les volumes produits font de cet établissement le plus important du secteur métallurgique du département dans la 2e moitié du 19e siècle.
Datation(s) principale(s) : 19e siècle

Description

Commentaire descriptif : Jusqu'à cette époque, et comme à Guignicourt-sur-Vence, les bâtiments de ces types d'usines sont constitués de traditionnelles halles en moellons (calcaire pour la partie centrale et est du département) avec toitures à longs pans (souvent à croupe ou demi-croupe) à charpente en bois. A partir du second tiers du 19e siècle, on voit apparaître des halles oblongues, tout en longueur et dotées de fenêtres en plein-cintre, dont le prototype semble apparaître au laminoir de Phades construit en 1834 ou à celui de l'usine de Flize (1832-1834) ; le bâtiment de même type de la Nouvelle Fenderie à Vrigne-au-Bois date de 1843 ; ces deux dernières usines appartenaient à J.-N. Gendarme.
Les quelques bâtiments subsistants de l'établissement métallurgique de Vireux-Molhainsont d'une grande diversité et montrent que tous les modes constructifs des différentes époques ont été utilisés (brique, charpente métallique, pan de fer et brique de laitier). Comme de nombreuses usines de ce secteur, le site est équipé d'une centrale hydroélectrique pour assurer partie de son approvisionnement énergétique. Elle était reliée au chemin de fer et possédait un port sur la Meuse permettant son alimentation en combustible et en matière première.

Carte des usines métallurgiques recensées


Illustrations

Des. 1
Carte des usines métallurgiques recensées

Voir

Champagne-Ardenne, Ardennes, Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)
Blagny, Laminoir et usine de transformation des métaux Friquet, puis Saglio et Compagnie, puis Forges de Blagny-Carignan, puis Hauts fourneaux de Chiers et Longwy, puis USINOR
Bosseval-et-Briancourt, Enclos de la Claire (l'), Usine de fabrication des métaux et fenderie dite les Forges de la Claire (repérage)
Boutancourt, Hugo Victor (rue) 22, Usine métallurgique Poulain, puis Gendarme, puis Hannonet de la Grange, puis Muaux et Jacquemin, puis usine de taillanderie Henny Père et fils, puis centrale électrique Henny, actuellement maison
Boutancourt, Forge d'Alger (la), Usine métallurgique Gendarme, puis Hannonet de la Grange, puis E. Muaux et Cie, puis scierie Pouplier, puis usine de taillanderie Boxberger et maison
Boutancourt, Forge-du-Bas (la), Usine de transformation des métaux Poulain, puis Gendarme, puis Hannonet de la Grange, puis E. Muaux et Cie, actuellement maison
Brévilly, Forge (la), Usine métallurgique Devillez-Bodson, puis Henry frères, puis Société métallurgique de Gorcy
Charleville-Mézières, Général-de-Gaulle (avenue), 16-22, Usine de transformation des métaux Ch. Moreaux et fils puis usine métallurgique Moreaux Fils, puis Jubert-Moreaux et Cie, puis EDF, actuellement Imprimerie SOPAIC
Daigny, Fenderie (la), Usine de transformation des métaux (repérage)
Douzy, Jonquette (la), Usine de transformation des métaux (repérage)
Douzy, Forge de Magne (la), Usine de transformation des métaux dite Forge de Magne, actuellement usine de taillanderie
Flize, Usine métallurgique Duhesme, puis E. Muaux et Cie, puis Gailly et Maljean, puis Raty et Cie, puis Boulonneries de Bogny-Braux, puis Forges et Aciéries de Flize, puis Hardy-Capitaine, puis Société Métallurgique de l'Escaut, actuellement entrepôt
Givonne, Halle (la), Usine de fabrication des métaux dite forge de la Halle, actuellement hangar agricole et maison
Glaire, Marne (avenue de la) 80, Usine métallurgique des Etablissements Friquet, puis Forges de Sedan, puis Aciéries de Longwy, puis Société Lorraine-Escaut, puis Usinor, puis Ackers
Guignicourt-sur-Vence, Forge (la), Usine métallurgique dite La Forge, puis grosse forge et fenderie Liégois, actuellement maison
Hautes-Rivières (Les), Espérance (rue de l') 9, Usine métallurgique Gérard, puis Hénon et Fils
Hautes-Rivières (Les), Linchamps, Hubiets (rue des) 1, Usine métallurgique, puis usine de petite métallurgie René-Laurent, puis Laurent Fils
Illy, Jacquemotte (la), Usine de transformation des métaux Camion-Richard dite Forge de la Jacquemotte, actuellement usine de traitement de surface des métaux
Illy, Chataîmont, Usine métallurgique des Forges de Chataîmont, actuellement maison
Matton-et-Clémency, Carignan (route de), Usine de transformation des métaux Pierre Jean, puis Bertèche-Lambquin, puis Henry, puis Desrousseaux-Noizet, puis fonderie Renaux-Mathieu, actuellement ferme et maison
Matton-et-Clémency, Ferronnerie (la), Platinerie (repérage)
Matton-et-Clémency, Mattenets (les), Platinerie, actuellement maison (repérage)
Mazures (Les), Neuve-Forge (la), Usine métallurgique Godart, puis Poulain, puis Gendarme, puis Morel, puis Martin, actuellement maison
Montcornet, Haut fourneau et grosse forge (repérage)
Monthermé, Compain André (rue) 1, Verrerie, puis usine métallurgique de la Sté des Fonderies de Monthermé-Laval-Dieu, puis Sté anonyme des Hauts-Fourneaux et Forges de Villerupt-Laval-Dieu, puis Sté Métallurgique de Senelle-Maubeuge, puis Lorraine-Escaut, actuellement grosse forge Raguet
Monthermé, Phades (route de) 38, Usine métallurgique Lagard, puis Vachon, puis Senelle-Maubeuge, actuellement usine de traitement de surface des métaux de la Société Métallurgique Ardennaise
Osnes, Vieille Forge (la), Grosse forge et laminoir, actuellement ferme (repérage)
Pure, Messempré, Grosse forge Devillez-Bodson, puis Boutmy, puis De Wendel, actuellement usine métallurgique Palfroid et Thyssen-Krupp
Revin, Commune (la), Grosse forge et haut fourneau, puis usine métallurgique (repérage)
Rocroi, Saint-Nicolas, Usine métallurgique des Forges et Fonderies de Saint-Nicolas, puis Fonderies et Tôleries de Saint-Nicolas actuellement salle de sport, salle polyvalente et entrepôt commercial
Thilay, Nohan, Grande (rue) 16-18 ; Semoy (rue de la), Usine métallurgique et grosse forge Stévenin-Parizel (repérage)
Vireux-Molhain, Vireux, Aciérie (rue de l') ; Crayats (rue des) ; Gorcy (rue de), Usine métallurgique Mineur frères et Wilmot dite Les Forges de Vireux, puis Hauts Fourneaux de la Chiers, puis Usinor, actuellement pépinière d'entreprise
Vrigne-aux-Bois, Nouvelle Fenderie (la), Donchery (route de), Usine de transformation des métaux, dite la Nouvelle Fenderie, puis Fonderie du Laminoir, puis FAL, puis Meuse-Ardennes, actuellement usine de construction mécanique Marcel-France-Mecano-Galva
Vrigne-aux-Bois, Fenderie (la), Donchery (route de), Usine de transformation des métaux Camion, puis La Fenderie, puis Fonderie du Laminoir, puis S.A. FAL, puis Meuse-Ardennes, actuellement bureaux de Marcel-France-Mecano-Galva

Région Champagne-Ardenne / Direction de la Culture, Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel. Chercheur(s) : Decrock Bruno.(c) Région Champagne-Ardenne, 2009. Renseignements : Centre de documentation de l’Inventaire, 3 Faubourg Saint-Antoine, 51000 Châlons-en-Champagne. Tél. : 03 26 70 85 94. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)