patrimoine industriel

Champagne-Ardenne, Ardennes


Clouteries

Type de dossier : collectif d'aire d'étude Date de l'enquête : 2009

Désignation

Dénomination : usine de décolletage
Décompte des oeuvres recensées : 17 repérées ; 7 étudiées

Compléments de localisation

Aire : Ardennes

Historique

Commentaire historique : Cette branche de l'industrie est emblématique du nord des Ardennes. La clouterie à main apparait bien avant la Révolution. Elle se pratiquait très souvent à domicile et ne nécessitait qu'un foyer de forge simple (au charbon de bois), un martinet et une roue à chien (qui actionnait le soufflet). Les commanditaires, les "facteurs" étaient établis à Charleville et venaient collecter le produit fini. Sous la Restauration 5000 à 7000 ouvriers travaillaient ainsi à domicile, dans les villages ou à Charleville-Mézières. Au cours de la décennie 1820, l'apparition de machines entraîne un déclin inéluctable de la pratique manuelle et le regroupement de la production dans des usines mécanisées ainsi qu'un transfert de la main d'oeuvre vers la boulonnerie (à Bogny le nombre de cloutiers passe de 1300 en 1817 à 57 en 1887, et à Charleville, la Grandville, Gespunsart, Moncy, Lame, Braux, Hautes Rivières, les Mazures, Hargnies, Revin le nombre de cloutiers à main n'est plus que de 127 en 1883).
Les petits ateliers familiaux des vallées de la Meuse, de la Semoy et du bassin sedanais n'ont pas été retenus car leur forme ne se distinguait guère de simples maisons. Treize usines ont en revanche été repérées. Charleville (y compris Mohon) était le centre principal de la production, qui touchait également mais dans une moindre mesure les communes de Vrigne-aux-Bois, Thilay, Hautes-Rivières et Villers-Cernay. Les usines de Charleville, détenues par de grandes familles telles que les Lagard, les Gailly et les Regnault (plus tard les Lefort), étaient de grande taille. L'usine Lefort de Mohon était la plus importante. Elle s'étalait sur deux sites implantés sur un cours d'eau afin de profiter de son énergie. Cet imposant complexe fut augmenté à la fin du 19e siècle d'une troisième entité, le Moulin-Leblanc (détruit) pour former l'un des plus importants des Ardennes. A quelques kilomètres de là et appartenant au groupe Regnault, se trouvait la clouterie de Saint-Marceau.
Datation(s) principale(s) : 19e siècle

Description

Commentaire descriptif : Les bâtiments des deux sites Lefort (Mohon I et II) sont en brique et incorporent des baies à arc en plein cintre et toits en shed ; ils sont représentatifs des années 1880-1900, architecture qui se retrouve sur d'autres sites du département comme à l'usine KME de Fromelennes. A quelques kilomètres de là la clouterie de Saint-Marceau présentait un aspect bien différent (murs en pierre de Dom-le-Ménil, toits à longs pans, poteaux en fonte) que peut expliquer sa date de construction antérieure (1860). Certains points communs existent cependant : l'implantation sur un cours d'eau pour profiter de la force motrice, la présence d'une salle des machines pour augmenter la puissance énergétique et le raccordement au chemin de fer.

Carte des clouteries recensées


Illustrations

Des. 1
Carte des clouteries recensées

Voir

Champagne-Ardenne, Ardennes, Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)
Bogny-sur-Meuse, Braux, Usines de quincaillerie (clouteries) (repérage)
Charleville-Mézières, Abattoir (rue de l') 8, Usine de petite métallurgie (clouterie) Sté Industrielle Ardennaise, puis Aciérie de Charleville-Mézières, puis Gailly (repérage)
Charleville-Mézières, Mohon, Moulin Jean (rue) 1,3 ; Lefort Jean-Baptiste (rue), Usine métallurgique Regnault-Brincourt et fils, puis Forges et Clouteries Réunies de Mohon et Laval-Dieu et Forges et Clouteries des Ardennes, puis Lefort et Cie, puis Chiers-Chatillon-Gorcy, puis Tecnor, puis Tréfilunion
Charleville-Mézières, Moulin Leblanc (le), Usine d'armes du Moulin Leblanc, puis moulin à farine Hardy, puis usine de quincaillerie (clouterie) Lefort
Charleville-Mézières, Usines de quincaillerie (clouteries) (repérage)
Gespunsart, Usines de quincaillerie (clouteries) (repérage)
Grandville (La), Usines de quincaillerie (clouteries) (repérage)
Hargnies, Usines de quincaillerie (clouteries) (repérage)
Hautes-Rivières (Les), Comodo (rue du) 45, Usine de petite métallurgie des Etablissements Bourguignon-Barré Père et Fils
Hautes-Rivières (Les), Usines de quincaillerie (clouteries) (repérage)
Mazures (Les), Usines de quincaillerie (clouteries) (repérage)
Revin, Usines de quincaillerie (clouteries) (repérage)
Rocroi, Saint-Nicolas, Usine métallurgique des Forges et Fonderies de Saint-Nicolas, puis Fonderies et Tôleries de Saint-Nicolas actuellement salle de sport, salle polyvalente et entrepôt commercial
Saint-Marceau, R.D. 951, Usine de petite métallurgie Hubert jeune et fils, Lechanteur frères, A. Regnault et Cie, Brezol et Cie, puis Forges et Clouteries réunies de Mohon et Laval-dieu, puis Lefort et Cie, puis Les Hauts-Fourneaux de la Chiers, actuellement usine Foissy
Thilay, Nohan, Grande Rue () 12, Usine de quincaillerie Gustave Lefort, puis usine de petite métallurgie Daumont-Catiaux, puis Etablissements Zémanik, actuellement maison
Villers-Cernay, Moulin, puis clouterie, actuellement maison (repérage)
Vrigne-aux-Bois, Danton (rue) 15, Usine de quincaillerie Dardenne

Région Champagne-Ardenne / Direction de la Culture, Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel. Chercheur(s) : Decrock Bruno.(c) Région Champagne-Ardenne, 2009. Renseignements : Centre de documentation de l’Inventaire, 3 Faubourg Saint-Antoine, 51000 Châlons-en-Champagne. Tél. : 03 26 70 85 94. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)