patrimoine industriel

Champagne-Ardenne, Ardennes

Givonne, Laminoir (le)

Usine de transformation des métaux puis laminoir à tôle, actuellement maison (repérage)

Type de dossier : ensemble ; individuel Date de l'enquête : 1985

Désignation

Dénomination : usine de transformation des métaux ; laminoir
Précision sur la dénomination : laminoir à tôle
Destinations successives et actuelles de l'édifice : maison
Partie(s) constituante(s) non étudiée(s) : bassin de retenue ; atelier de fabrication ; logements d'ouvriers

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : AC 7, 9
Numéro INSEE de la commune : 08191
Aire : Ardennes
Canton : Sedan-Nord
Milieu d'implantation : isolé
Cours d'eau : Givonne (la)

Historique

Commentaire historique : Usine existant sans doute dès le 16e siècle, siècle durant lequel elle est exploitée par les Goffin et transformée par la suite en platinerie (17e-18e siècles). En 1787, son propriétaire Jamin la transforme en laminoir à tôle, qui en fait l'un des plus anciens établissements de ce type en France. Celui-ci est alors mû par deux roues hydrauliques et chauffé à la houille. Le dossier F14 4298 des Archives nationales fournit, en 1834, le plan et l'élévation des installations du laminoir et la disposition des chutes d'eau.
L'ensemble (matériel remplacé en 1914-18) fonctionna jusqu'en 1941, avec les bâtiments d'origine. Malheureusement, le laminoir a été détruit en 1968 et seule la chute d'eau subsiste, ainsi que le bâtiment de la halle à charbon et les logements d'époque. Le matériel qui subsiste a été déposé dans la cour du Dijonval à Sedan.
Datation(s) principale(s) : 16e siècle (détruit) ; 4e quart 18e siècle ; 1er quart 20e siècle (?)

Description

Commentaire descriptif : Actuelle maison d'habitation ; aménagements hydrauliques transformés en bassins d'agréments.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : calcaire ; moellon
Matériau(x) de couverture : ardoise
Etat de conservation : détruit

Intérêt de l'oeuvre

Oeuvre repérée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété privée

Vue du bâtiment, halle à charbon


Documentation

Documents d'archives

AD, 7S 21 : 5, laminoir de Givonne sur ruisseau de Givonne (1843-54).

AN. Série F14 : 4298, dossier 76, usine Camion-Richard à Givonne, .

AN. Série F12 : 680.

AN. Série F12 : 1603.

Bibliographie

ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987, p. 56.

BOURGIN, H. et G. L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920.

VERRY (?), M. n° 85.

PHILIPOTEAUX (?), A. n° 65.

CONGAR, Pierre, n° 20.



Annexes

  1. Article paru dans le journal local en 1967 :
    Le laminoir de Givonne des Etablissements Jeanlin, sur la route de Givonne à Illy, a été construit en 1777. Ce laminoir a été démantelé en juillet 1967. L´une de ses girouettes porte la date de 1771. Le nouveau propriétaire en fera une propriété d´agrément, et cela est facile grâce au passage, dans le bois, d´un bras de la Givonne et l´existence d´un étang, vaste retenue d´eau qui permettait d´actionner les roues aubes en période sèche, avec tout ce que cela comporte de paysages agréables.
    Quelques pièces toutefois seront sauvées, dont un axe de chêne de 7 mètres de long qui soutenait la roue à aubes et un peson à lingots, de deux mètres de hauteur, datant du 18e siècle, qui ont été amenés au Château-Fort de Sedan où ils seront abrités par la Société d´Histoire et d´Archéologie du Sedanais (la S.H.A.S.).
    De 1875 à 1880, les fours ne fonctionnaient plus car le fer était acheté en Lorraine. L´usine, qui avait alors vingt-deux ouvriers, fabriquait aussi des pioches.
    De 1880 à 1914, on utilisait l´acier doux et la houille remplaçait le charbon de bois. Avec une quarantaine d´ouvriers, on y fabriquait de la tôle mince : tuyaux de poêle, pelles, côtés de cuisinières, etc.
    De 1914 à 1918. les Allemands enlevèrent toutes les machines et firent sauter les digues de l´étang. De 1920 à 1940, ce fut la restitution du matériel et la remise en marche du laminoir avec une vingtaine d´ouvriers.
    De 1941 à 1942, le laminoir a fonctionné pour utiliser le stock de largets restant, et en 1942, eut lieu l´arrêt définitif, faute de main-d´oeuvre spécialisée. L´usine a toutefois continué à tourner avec quelques ouvriers occupés à la fabrique des pelles, pièces embouties et clochettes pour les mines et les troupeaux montagnards.
    Après la guerre de 1914-18, le laminoir de Givonne - le seul qui n´ait pas été modernisé - était dirigé par MM. Jeanlin et fils. Ils furent contraints de l´arrêter par manque de main-d´oeuvre qualifiée, mais aussi les deux cages mues par la force hydraulique ne pouvant soutenir la concurrence des grosses usines concentrées dans l´Est et possédant un matériel puissant et moderne. A cette époque récente, l´usine de Givonne avait toujours gardé sa roue à aubes des origines.
    On voyait, récemment encore, derrière le train, une sorte de potence en chêne fixée au sol et à une poutre transversale. A son extrémité, était accroché un palan. Elle servait au démontage des cylindres pesant chacun environ une tonne et dont un a été remis au Château-Fort pour y être exposé .
    Les visiteurs du Château-Fort pourront également y voir l´axe et les quatre roues qu´il supportait et d´où partaient les rayons de l´immense roue à aubes, longue de 7 mètres et d´environ 4 mètres à 4,25 mètres de diamètre.
    Disons aussi que le laminoir de Givonne était encore éclairé l´acétylène en 1913 et que c´est à cette date que l´on y plaça une ligne électrique.
    Perdu dans les bois, loin de toute voie ferrée, le laminoir de Givonne n´avait pas la possibilité de moderniser et son four était toujours chauffé au charbon.




Illustrations

Fig. 1
Vue du bâtiment, halle à charbon
Fig. 2
Vue arrière de la halle à charbon
Fig. 3
Vue de vestiges du site

Voir

Champagne-Ardenne, Ardennes, Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)
Champagne-Ardenne, Ardennes, Laminoirs
Champagne-Ardenne, Ardennes, Platineries

Région Champagne-Ardenne / Direction de la Culture, Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel. Chercheur(s) : Griot François ; Alves Gilles ; Decrock Bruno.(c) Région Champagne-Ardenne, 1985. Renseignements : Centre de documentation de l’Inventaire, 3 Faubourg Saint-Antoine, 51000 Châlons-en-Champagne. Tél. : 03 26 70 85 94. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)