patrimoine industriel

Champagne-Ardenne, Ardennes

Monthermé, Compain André (rue) 1

Verrerie, puis usine métallurgique de la Sté des Fonderies de Monthermé-Laval-Dieu, puis Sté anonyme des Hauts-Fourneaux et Forges de Villerupt-Laval-Dieu, puis Sté Métallurgique de Senelle-Maubeuge, puis Lorraine-Escaut, actuellement grosse forge Raguet

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2007

Désignation

Dénomination : verrerie ; usine métallurgique ; grosse forge
Appellation et titre : usine métallurgique de la Sté des Fonderies de Monthermé-Laval-Dieu, puis Sté anonyme des Hauts-Fourneaux et Forges de Villerupt-Laval-Dieu, puis Sté Métallurgique de Senelle-Maubeuge, puis Lorraine-Escaut, actuellement grosse forge Raguet
Partie(s) constituante(s) non étudiée(s) : atelier de fabrication ; bureau ; vestiaire d'usine ; chaufferie ; château d'eau ; logement patronal ; centrale hydroélectrique ; cour ; entrepôt industriel ; logement de contremaître ; magasin industriel ; stationnement

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 1983 AI 201
Numéro INSEE de la commune : 08302
Aire : Ardennes
Canton : Monthermé
Milieu d'implantation : en ville
Cours d'eau : Semoy (la)

Historique

Commentaire historique : Les forges de Laval-Dieu sont implantées sur une partie des anciennes verreries de Monthermé qui eurent leur activité de 1749 à 1846. Le site est acheté le 20 décembre 1849 par Gendarme-Drumeaux. Il y installe une forge où sont fabriqués mécaniquement des fers carrés, plats et ronds de différents diamètres pour la production de boulons. L'outillage comprend à cette époque un petit et un gros train avec laminoirs, quatre fours à souder et 14 fours à puddler. La force motrice est fournie par des roues hydrauliques alimentées par la Semoy. Puis, suivant l'évolution technologique, l'usine se dote de trois machines à vapeur, deux pilons sont ajoutés pour le puddlage, et comporte 17 fours à la fin du 19e siècle. Les Forges de Laval-Dieu sont alors considérées comme le deuxième établissement métallurgique des Ardennes. On y traite des fontes blanches, identiques à celles du bassin de Longwy. Après diverses transformations, la Société Anonyme des Hauts Fourneaux et Forges de Villerupt-Laval-Dieu est constituée en 1892, elle se spécialise dans la fonderie de fonte malléable : cette société, qui était concessionnaire de mines de fer en Lorraine est absorbée en 1913 par la Société de Senelle-Maubeuge, groupe sidérurgique de Longwy. En 1914, l'usine possédait encore de nombreux fours à puddler pour la fabrication du fer, ainsi que des laminoirs à fers bruts et à fers marchands, un train à tôles fines et de tôles moyennes ainsi qu'une aciérie Martin. Les forges sont occupées dès 1914, les installations sont dévastées au sortir de la guerre. L'entreprise Raguet, société de forge et estampage fondée à Braux en 1879, est propriétaire des lieux depuis l'année 2000 et occupe plus des trois-quarts du site. L'ancien logement patronal construit dans le quatrième quart du 18e siècle par Louis-Antoine Mena directeur de l'ancienne verrerie accueille les bureaux de la Sefac. Cette société de production d'appareils de levage créée en 1884 par Emile Despas, occupe le dernier quart nord du site.
Datation(s) principale(s) : 2e quart 18e siècle ; 4e quart 18e siècle ; 2e quart 19e siècle
Date(s) : 1849
Justification de la datation : daté par travaux historiques

Description

Commentaire descriptif : Le site est implanté au confluent de la Meuse et de la Semoy, sur une parcelle de 68 681m2. La gare de Monthermé-Laval-Dieu desservait l'usine ainsi qu'un port spécial aménagé en bordure du fleuve. Les ateliers de fabrication s'étendent au sud-est sur six travées à murs de brique et pan de fer, charpente apparente rivetée en treillis, toiture à lanterneau et couverture en tuiles mécaniques. Les immenses nefs accueillent les ateliers de forge, le parc des aciers, et l'outillage, la maintenance, des vestiaires et des douches. En bordure ouest se trouvent les bureaux et le traitement thermique. Ces ateliers représentent une surface de 20 000m2 couverts. Au centre du site se trouve un bâtiment isolé, l'ancienne chaufferie, actuellement bâtiment des compresseurs qui accueillait deux turbines hydrauliques en complément de la centrale qui fournissait de l'électricité sur place. A l'est, se trouvent trois ateliers, dont l'un sur deux larges travées. Ces bâtiments ont fonction de magasins industriels, essentiellement pour le stockage. Plus loin sont situés les ateliers de montage de la Sefac et les bureaux, sur un étage carré en calcaire de Dom-le-Mesnil et couverture en ardoise.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : brique ; brique creuse ; béton ; parpaing de béton ; fer ; pan de fer
Matériau(x) de couverture : tuile mécanique ; ciment amiante en couverture ; ardoise
Vaisseau(x) et étage(s) : 1 étage carré ; étage de comble
Type et nature du couvrement : charpente métallique apparente
Type de la couverture : toit à longs pans ; lanterneau ; toit en pavillon
Source d'énergie : énergie hydraulique ; énergie électrique ; achetée

Intérêt de l'oeuvre

Observations : Monthermé : un haut fourneau, la commune : la forge d'en bas, la commune : la forge d'en haut, la commune ; les 3 établissements existent encore en 1838.
Sté Métallurgique de Senelle-Maubeuge, forges et laminoirs à Laval-Dieu-Monthermé.
Oeuvre étudiée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété privée

Vue générale du site depuis la rue André Compain
Plan du site


Documentation

Documents d'archives

AN, F12 9429, le fonds de l' OCRPI période 1940-1949.

Bibliographie

BOURGIN. L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution. Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920.

BIGORGNE, Didier. Regard sur le patrimoine : les cuisinières et appareils de chauffage de Monthermé-Laval-Dieu. Terres Ardennaises, n°33, décembre 1990, pp. 46-47.



Illustrations

Des. 1
Plan du site
Fig. 2
Les forges de Laval-Dieu, avant la Première Guerre mondiale
Fig. 3
Les forges de Laval-Dieu au confluent de la Meuse et de la Semoy
Fig. 4
Les forges de Laval-Dieu
Fig. 5
Les forges de Laval-Dieu depuis le sud
Fig. 6
Les forges de Laval-Dieu depuis les rives de Meuse
Fig. 7
Les Forges de Laval-Dieu au début du 20e siècle
Fig. 8
Vue aérienne sur la ville de Monthermé. En haut à gauche les forges de Laval-Dieu
Fig. 9
Vue générale sur les forges de Laval-Dieu dans les années 1950-60
Fig. 10
Couverture de catalogue des fonderies de Monthermé Laval-Dieu, 1926
Fig. 11
Article des fonderies de Monthermé Laval-Dieu, fourneaux émaillés, 1926
Fig. 12
Catalogue Forges de Laval-Dieu, 1939
Fig. 13
Première page du catalogue
Fig. 14
Page du catalogue
Fig. 15
Vue aérienne
Fig. 16
Vue aérienne
Fig. 17
Vue aérienne
Fig. 18
Vue générale du site depuis la rue André Compain
Fig. 19
Bâtiment appelé Le château, actuels bureaux de la Sefac, ancien logement patronal construit dans le 4e quart du 18e siècle pour Louis-Antoine Mena
Fig. 20
Les logements de contremaîtres répartis sur quatre maisons de deux logements situés en bordure de Meuse au centre de Monthermé. Ils ont été construits sur l'emplacement de l'ancienne usine Chayau
Fig. 21
Les ateliers de fabrication sur six travées, implantés en bordure sud du site, au confluent de la Meuse et de la Semoy
Fig. 22
Entrée du site. Au fond le château d'eau et les ateliers de fabrication, au premier plan un magasin de stockage
Fig. 23
Deux bâtiments de stockage. A droite le bâtiment des compresseurs, anciennement salle de chaufferie et des turbines hydroélectriques
Fig. 24
Autre vue sur les magasins, situés au centre du site. La structure est en pans de fer à remplissage de brique pleine. La charpente métallique rivetée est apparente
Fig. 25
Vue sur les bâtiments de stockage au centre du site, vue depuis le sud. A gauche l'ancienne chaufferie et salle des turbines
Fig. 26
Le château d'eau
Fig. 27
Les ateliers de fabrication
Fig. 28
Mur nord du parc aciers
Fig. 29
Angle sud-ouest des ateliers de fabrication
Fig. 30
Atelier d'usinage en brique et baies vitrées continues. Les bureaux occupent le rez-de-chaussée
Fig. 31
Atelier de parachèvement
Fig. 32
Dans l'atelier de forge présence au sol des anciens rails internes de l'usine
Fig. 33
La forge
Fig. 34
Charpente métallique apparente de l'atelier de forge. Surface totale : 20.000 m2
Fig. 35
Détail de la charpente rivetée
Fig. 36
Ancien pont roulant à l'intérieur de l'atelier de maintenance
Fig. 37
Entrepôt industriel : le parc aciers
Fig. 38
L'ancienne chaufferie, actuellement bâtiment des compresseurs
Fig. 39
Intérieur de l'ancienne chaufferie qui accueillait dans les années 1920 deux turbines hydrauliques. Au plafond un pont roulant d'une force de 10 tonnes. Le bâtiment comporte un sous-sol
Fig. 40
Mur des commandes électriques. En bas à droite, un alternateur avec plaque antérieure en marbre veiné (années 1930)
Fig. 41
Bâtiment situé à l'ouest du site : magasin de stockage
Fig. 42
Autres vue sur les ateliers de stockage situés en bordure de Meuse à l'ouest
Fig. 43
Façade Est des magasins de stockage
Fig. 44
Ateliers de montage de la Forge Sefac
Fig. 45
L'ancienne cantine
Fig. 46
Vue au nord sur les magasins de stockages
Fig. 47
Vue intérieure de l'un des magasins de stockage de l'usine Raguet
Fig. 48
Vue intérieure du magasin situé à l'extrémité nord du site Raguet

Voir

Champagne-Ardenne, Ardennes, Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)
Champagne-Ardenne, Ardennes, Logements et châteaux patronaux
Champagne-Ardenne, Ardennes, Usines métallurgiques

Région Champagne-Ardenne / Direction de la Culture, Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel. Chercheur(s) : Bennani Maya ; Decrock Bruno.(c) Région Champagne-Ardenne, 2007. Renseignements : Centre de documentation de l’Inventaire, 3 Faubourg Saint-Antoine, 51000 Châlons-en-Champagne. Tél. : 03 26 70 85 94. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)