patrimoine industriel

Champagne-Ardenne, Ardennes

Landrichamps, Manufacture (la)

Usine de transformation des métaux dite La Batterie, puis moulin à blé, actuellement ferme

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2007

Désignation

Dénomination : usine de transformation des métaux
Appellation et titre : La batterie
Destinations successives et actuelles de l'édifice : moulin à blé ; ferme
Partie(s) constituante(s) non étudiée(s) : atelier de fabrication ; logement patronal ; logement d'ouvriers ; bassin de retenue ; bief de dérivation

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 1982 B 10 à 15, 329, 330, 325 à 327, 333, 334
Numéro INSEE de la commune : 08247
Aire : Ardennes
Canton : Givet
Milieu d'implantation : en écart
Cours d'eau : Houille (la)

Historique

Commentaire historique : En 1787, Antoine-Laurent Jacquier de Rosée, capitaine d'industrie wallon né à Chalons-en-Champagne, introduit le travail du cuivre dans la vallée de la Houille. La construction de l'usine est placée sous la direction de Jean-Jacques Maus, émigré en Angleterre pendant vingt ans, qui, à son retour, ramène des plans de constructions des machines à travailler le cuivre. On y produit principalement de la planche de doublage en cuivre pour les coques de bateaux mais aussi des chaudrons et du fil de laiton. Louée en 1828 à Jean- François Mesmin, elle est acquise en 1841 par les frères Edouard et Félix Estivant qui achètent par la suite toutes les manufactures de cuivre de la vallée de la Houille et de Givet. La production cesse en 1857 et la manufacture est transformée en moulin à blé puis en ferme. Le cadastre de 1823 et un plan de 1826 précisent l'occupation des bâtiments : au centre se trouvait la laminerie avec deux couples de laminoirs à cuivre rouge et jaune ; à gauche, une tréfilerie composée de six pincettes à tirer laiton et de douze tambours pour le finir ; à droite, une batterie actionnée par six marteaux ; chaque bâtiment est actionné par sa propre roue hydraulique. D'après les plans mentionnés ci-dessus, le bâtiment actuel a perdu une partie de la laminerie et la batterie (la grange pourrait en être un vestige).
Datation(s) principale(s) : 4e quart 18e siècle
Date(s) : 1787
Justification de la datation : daté par travaux historiques

Description

Commentaire descriptif : L'usine, adossée à un bassin de retenue, est constituée d'un bâtiment et d'un retour d'équerre à étage carré. Les murs sont en brique pour la façade principale et avec des chaînages en pierre de taille pour les autres faces. Les toits sont à longs pans et croupe en charpente apparente couverts d'ardoise. Une grange située à gauche en arrivant est construite sur le même modèle mais avec un toit à longs pans et demi-croupe.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : brique ; moellon ; pierre de taille
Matériau(x) de couverture : ardoise
Vaisseau(x) et étage(s) : 1 étage carré
Type et nature du couvrement : charpente en bois apparente
Type de la couverture : toit à longs pans ; demi-croupe
Emplacement, forme et structure de l'escalier : escalier intérieur
Source d'énergie : énergie hydraulique ; produite sur place
Etat de conservation : établissement industriel désaffecté

Intérêt de l'oeuvre

Intérêt de l'oeuvre : à signaler
Elément(s) remarquable(s) : atelier de fabrication
Oeuvre étudiée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété privée

La façade principale de la manufacture, de gauche à droite : la laminerie, la tréfilerie
Plan du site


Documentation

Documents d'archives

F14 4284-4299, Dossier 1.

Bibliographie

PARIS. A. Naissance d'une industrie. Le cuivre dans la vallée de la Houille (1787-1817). Revue historique ardennaise. T. XVIII, 1987, p. 1-5.

SAISELET, Bernard. La Houille et l'aventure du cuivre. n.p. 2006.

PARIS. A. Deux wallons dans la pointe de Givet ou les débuts de la métallurgie non-ferreuse. Revue historique ardennaise. T. XXIII, 1988, p. 87-113.

PARIS, Agnès. Flohimont. Le cuivre dans la vallée de la Houille (1841-1914). Terres Ardennaises, n° 22, mars 1988, p. 29-33.



Annexes

  1. Cette manufacture est l'une des premières a avoir travaillé le cuivre en France (ce type de production n'a débuté en France qu'en 1781) grâce à l'apport de compétences venues de l'étranger.
    Manufacture de fil de laiton à Landrichamps ; extrait d´une réponse du propriétaire De Rosée... Tous mes établissements (propriétaire d´une fonderie à Anthée (Belgique, Sambre et Meuse) sont montés à la manière anglaise et conduits par des ouvriers venus d´Angleterre (pièce du 4 thermidor an 4).
    - 4 thermidor an 4 : Jacquien Rosée, maître des forges à Philippeville.
    - Jacquier-Rosée veut faire construire sur le ruisseau de la Houille 2 moulins, l´un pour laminer le cuivre rouge l´autre pour des feuilles de tôle, à cet effet il demande que le cours des eaux de la Houille [entre Landrichamps et Fromelenne] lui soit concédé sauf à s´arranger avec les propriétaires des terrains (floréal An 12) ; (dans une autre pièce apparemment accordé en 1791 ou 1792).
    -l´usine de Landrichamps consiste en laminoirs, batteries et tréfileries de laiton.
    -le 10 prairial an 12 l´établissement de Landrichamps est composé de deux laminoirs à cuivre, de deux fourneaux à l´anglaise pour recuire, d´1 batterie de six marteaux et dune tréfilerie, le tout mû par deux roues hydraulique ; par un arrêté du 16 janvier 1787 Rosée est autorisé à faire construire des fonderies à cuivre, batteries, tréfileries, et autres usines, sur la rivière de Houille près Givet.




Illustrations

Des. 1
Plan du site
Fig. 2
Vue aérienne
Fig. 3
Vue aérienne
Fig. 4
Vue aérienne
Fig. 5
Vue aérienne
Fig. 6
L'usine de Landrichamps depuis l'entrée
Fig. 7
La façade principale de la manufacture, de gauche à droite : la laminerie, la tréfilerie
Fig. 8
A gauche, la laminerie, l'emplacement de la roue hydraulique (partie centrale en renfoncement) et à droite, la tréfilerie surmontée des logements ouvriers
Fig. 9
Façade latérale de la laminerie
Fig. 10
Façade arrière avec l'arrivée d'eau aux roues hydrauliques
Fig. 11
Entrée de l'arrivée d'eau à la roue de la laminerie
Fig. 12
Grange qui peut être le reste de la laminerie, détaché du corps principal de la manufacture

Voir

Champagne-Ardenne, Ardennes, Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)
Champagne-Ardenne, Ardennes, Fonderies de cuivre
Champagne-Ardenne, Ardennes, Logements d'ouvriers, cités jardin et ouvrières
Champagne-Ardenne, Ardennes, Logements et châteaux patronaux

Région Champagne-Ardenne / Direction de la Culture, Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel. Chercheur(s) : Marasi Julien ; Decrock Bruno.(c) Région Champagne-Ardenne, 2007. Renseignements : Centre de documentation de l’Inventaire, 3 Faubourg Saint-Antoine, 51000 Châlons-en-Champagne. Tél. : 03 26 70 85 94. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)