patrimoine industriel

Champagne-Ardenne, Ardennes

Givet, Quatre Cheminées (route des)

Filature La Soie artificielle, puis Compagnie Industrielle des Textiles Artificiels et Synthétiques, puis Rhône-Poulenc, puis Cellatex

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2007

Désignation

Dénomination : filature
Appellation et titre : La Soie artificielle, puis Compagnie Industrielle des Textiles Artificiels et Synthétiques, puis Rhône-Poulenc, puis Cellatex
Partie(s) constituante(s) non étudiée(s) : atelier de fabrication ; atelier de conditionnement ; bâtiment administratif d'entreprise ; transformateur ; laboratoire ; infirmerie ; voie ferrée ; entrepôt industriel ; magasin industriel ; chapelle ; cité ouvrière

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 1982 BI 241 à 246
Numéro INSEE de la commune : 08190
Aire : Ardennes
Canton : Givet
Milieu d'implantation : en ville

Historique

Commentaire historique : L'usine de la Soie Artificielle est créée en mars 1902 et la construction des bâtiments est terminée en avril 1903 afin de produire de la rayonne avec le procédé dit de soie au cuivre. Ce procédé est abandonné en 1912 pour le procédé viscose inventé par le comte de Chardonnet en 1883 et la superficie des bâtiments passe de 8000 à 21 000m2 en dix ans. Lors de la Première Guerre mondiale, l'usine est transformée en fabrique de produits alimentaires par l'occupant ; la production textile ne reprend qu'en 1919 avec un agrandissement important de la superficie. Pendant les années 1920, 300 logements seront construits à proximité ainsi qu'une chapelle en 1932. En 1959, la Soie Artificielle fusionne avec la société Viscose Française pour donner naissance à la Compagnie Industrielle des Textiles Artificiels et Synthétiques (C.T.A.) qui en 1971, après fusion avec deux autres sociétés, engendre le groupe Rhône-Poulenc (la même année l'usine entame la production de nylon). La Cellatex est créée en 1981 pour la production de viscose et ferme en 2000. L'usine a depuis été acquise par la communauté de communes Ardenne Rives de Meuse en vue d'accueillir des entreprises. Une partie des 50 000m2 de bâtiments, notamment la centrale thermique, est alors rasée en 2008 et les 55 métiers à filer sont ferraillés.
Avant la Première Guerre mondiale le site est alimenté par cinq chaudières de 100m3 qui entraînent une turbine à vapeur de 500 chevaux ; suite aux destructions de l'occupant ces installations sont remplacées par six chaudières et une turbine à vapeur de 1500 chevaux. En 1914, 24 métiers à filer et 80 moulins à retordre produisent 40 tonnes de viscose annuellement ; la production est de 120 tonnes par mois en 5,285 tonnes mensuelles en 1959, 250 tonnes mensuelles en 1970 et 7500 tonnes annuelles en 1981.
L'usine emploie 790 personnes en 1914, 366 en 1943, 600 en 1971, 186 en 1995.
Datation(s) principale(s) : 1er quart 20e siècle ; 2e quart 20e siècle
Date(s) : 1903 ; 1932
Justification de la datation : daté par travaux historiques

Description

Commentaire descriptif : L'usine est desservie par un embranchement ferroviaire. Le noyau construit avant la Première Guerre mondiale regroupe le grand bâtiment parallèle à la route des Quatre Cheminées, la centrale énergétique détruite et les ateliers situés de part et d'autre du couloir passant sous le bureau du directeur, ainsi que les ajouts postérieurs (ateliers construits en bout du moulinage double torsion et les grands ateliers des métiers à filer des années 1920-22) ; ils comportent des murs en moellon calcaire supportant des toits à charpente métallique apparente couverts de ciment amiante ou de tuile mécanique associée et des lanterneaux vitrés. La partie située derrière l'atelier d'entretien (au sud) et le magasin des produits finis (au nord) ont probablement été élevés dans une même campagne vers les années 1930 car ils sont bâtis de la même manière : murs en moellon calcaire, sheds à charpente métallique apparente couverts de tuile mécanique et de verre. Des bâtiments de stockage construits à l'ouest plus récemment sont en pan de fer et essentage de tôle et à toits à longs pans en charpente métallique couverts de tôles.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : brique ; moellon ; calcaire ; parpaing de béton ; pan de fer ; essentage de tôle
Matériau(x) de couverture : tuile mécanique ; ciment amiante en couverture ; verre en couverture
Vaisseau(x) et étage(s) : 1 étage carré
Type et nature du couvrement : charpente métallique apparente
Type de la couverture : toit à longs pans ; shed ; lanterneau
Emplacement, forme et structure de l'escalier : escalier intérieur : escalier en équerre, en maçonnerie
Source d'énergie : énergie thermique ; produite sur place ; énergie électrique ; produite sur place ; achetée
Etat de conservation : établissement industriel désaffecté ; menacé

Intérêt de l'oeuvre

Observations : SA de textiles artificiels ; usine de givet, Quatre Cheminées ; filature de rayonne à givet ; direction de Varinas ; 366 pers en 05 43.
Oeuvre étudiée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété publique

L'entrée des bureaux ; celui du directeur était au-dessus de la porte d'entrée
Plan du site


Documentation

Documents d'archives

AN, F12 9429, le fonds de l' OCRPI période 1940-1949.

AN, F12 9429, le fonds de l' OCRPI période 1940-1949.

Bibliographie

DORREL-FERRE, G. (dir.). Atlas du patrimoine industriel de Champagne-Ardenne. Les racines de la modernité. 2005, p. 142-143.

La Reconstitution des Régions dévastées, Le Monde Illustré, 65e année, tome huitième, Les Ardennes 1918-1922, Paris, 20 août 1922, p. 118, p. 84-97.



Illustrations

Des. 1
Plan du site
Fig. 2
Les bureaux au début du 20e siècle
Fig. 3
L'atelier des métiers à tisser en 1922 (atelier du moulinage double torsion plus tard)
Fig. 4
La turbine à vapeur de 1500 chevaux en 1922
Fig. 5
Vue aérienne de l'usine en 1985
Fig. 6
Vue aérienne
Fig. 7
Vue aérienne
Fig. 8
Vue aérienne
Fig. 9
Vue aérienne des cités ouvrières
Fig. 10
L'entrée principale de l'usine : à droite, l'infirmerie et les garages, au centre, la loge du gardien, à gauche, l'entretien, et à gauche au second plan, la centrale thermique
Fig. 11
L'infirmerie et les garages depuis la route des Quatre Cheminées
Fig. 12
Cour d'entrée de l'usine : à gauche l'entretien, au centre, les bureaux, au centre au fond, le bâtiment du moulinage et à droite, l'infirmerie et les garages.
Fig. 13
L'atelier d'entretien (dernière affectation connue) : doit dater de l'extension d'après la première guerre mondiale
Fig. 14
L'arrière de l'atelier d'entretien
Fig. 15
Les bâtiments de 1903 : les bureaux à étage carré et l'atelier des métiers à filer avant 1914 (moulinage double torsion en dernier)
Fig. 16
L'entrée des bureaux ; celui du directeur était au-dessus de la porte d'entrée
Fig. 17
Une fois passé la porte d'entrée sous le bureau du directeur, on accède à un couloir qui distribue de part et d'autre les bâtiments du site d'origine (ceux de gauche sont maintenant détruits)
Fig. 18
A gauche, l'atelier des métiers à filer puis du moulinage double torsion
Fig. 19
Intérieur de l'atelier des métiers à filer puis du moulinage double torsion ; la structure a été complètement habillée
Fig. 20
Les ateliers ajoutés vers 1922 en bout du moulinage double torsion
Fig. 21
Intérieur des ateliers ajoutés en bout de l'atelier du moulinage double torsion
Fig. 22
Intérieur des ateliers ajoutés en bout de l'atelier de moulinage double torsion
Fig. 23
Intérieur des ateliers ajoutés en bout de l'atelier de moulinage double torsion : vue des séchoirs
Fig. 24
Plaque sur un des séchoirs
Fig. 25
Bâtiment ajouté tout au nord du site, accolé aux ateliers ajoutés à l'atelier de moulinage double torsion (probablement dans les années 30)
Fig. 26
Intérieur du bâtiment ajouté tout au nord du site accolé aux ateliers ajoutés à l'atelier de moulinage double torsion
Fig. 27
Centrale énergétique vue depuis le sud (détruite en 2008)
Fig. 28
La centrale électrique et la salle des chaudières avant destruction en 2008, depuis le sud
Fig. 29
Centrale énergétique vue depuis l'intérieur de l'usine (détruite en 2008)
Fig. 30
Bâtiments de la teinturerie vus depuis le sud (détruits en 2008) ; à droite la centrale énergétique
Fig. 31
Ateliers des métiers à filer : les bâtiments anciens en moellons avaient été habillés par l'extérieur d'une structure métallique ; en cours de démolition
Fig. 32
Bâtiments des métiers à filer à l'arrière des bureaux (la partie réservée au directeur est la plus haute au fond au centre) en cours de démolition
Fig. 33
Ateliers des métiers à filer : habillage extérieur
Fig. 34
Les métiers à filer les plus récents
Fig. 35
Les métiers à filer les plus anciens
Fig. 36
Une partie des quatre métiers à tisser les plus récents en partie démontés
Fig. 37
Un atelier proche accolé à la filature construit en béton armé probablement dans les années 20-30
Fig. 38
Les cités ouvrières
Fig. 39
La chapelle Notre-Dame de Bon-Secours construite à proximité de l'usine et des cités ouvrières

Voir

Champagne-Ardenne, Ardennes, Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)
Champagne-Ardenne, Ardennes, Teintureries et usines textiles autres
Champagne-Ardenne, Ardennes, Usines de produits chimiques

Région Champagne-Ardenne / Direction de la Culture, Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel. Chercheur(s) : Marasi Julien ; Decrock Bruno.(c) Région Champagne-Ardenne, 2007. Renseignements : Centre de documentation de l’Inventaire, 3 Faubourg Saint-Antoine, 51000 Châlons-en-Champagne. Tél. : 03 26 70 85 94. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)