patrimoine industriel

Champagne-Ardenne, Ardennes

Charleville-Mézières, Tirman Louis (avenue) 10

Usine de cycles Clément et Cie dite La Macérienne, puis usine de construction automobile Clément-Bayard, puis usine métallurgique des Etablissements Clément Bayard

Type de dossier : ensemble ; avec sous-dossier Date de l'enquête : 2007

Désignation

Dénomination : usine de cycles ; usine de construction automobile ; usine métallurgique
Appellation et titre : usine de cycles Clément et Cie dite La Macérienne, puis usine de construction automobile Clément-Bayard, puis usine métallurgique Etablissements Clément Bayard
Partie(s) constituante(s) non étudiée(s) : atelier de fabrication ; bureau ; bief de dérivation ; centrale électrique ; centrale hydroélectrique (étudiée) ; chaufferie ; salle des machines ; cité ouvrière ; conciergerie ; entrepôt industriel ; logement patronal ; salle des machines

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 2008 CE 14, 15
Numéro INSEE de la commune : 08105
Aire : Ardennes
Canton : Charleville-Centre
Milieu d'implantation : en ville
Cours d'eau : Meuse (la)

Historique

Commentaire historique : Gustave Adolphe Clément fonde l´atelier de construction de cycles Clément et Cie à Paris en 1878. Après s´être défait de cette société, il fait construire trois usines, dont une à Mézières en 1894 dénommée La Macérienne, afin d´y produire des pièces pour cycles. Dès 1897, Clément se tourne vers l´automobile et en 1904 son entreprise devient la firme Bayard-Clément puis Clément- Bayard. Le matériel de l´usine est totalement démantelé lors de la Première Guerre mondiale. En 1919, la firme change de raison sociale pour devenir Société Anonyme des Ets Clément Bayard et organise sa production vers la fonderie (fonte malléable, acier coulé), la construction mécanique d´engins sous licence (tracteurs, pelleteuses), le rayonnage et le traitement de surface des métaux. Le fondateur décède en 1928, son fils lui succède jusqu´à sa mort en 1930, puis son petit-fils, et enfin M. Dumont jusqu´en 1975. L´usine, un temps reprise par des cadres, ferme ses portes en 1984. Le site est actuellement désaffecté et seul les anciens bureaux accueillent depuis les années 2000 les services municipaux de la Ville de Charleville-Mézières. La construction de l´ensemble usinier s´effectue en 12 tranches échelonnées de 1894 à 1959. L´usine originelle comportait l´atelier de mécanique (édifié par l´architecte L. Dardenne), le logement patronal, la salle des machines (turbines) édifiés en 1894, le bâtiment administratif en 1895-96, la fonderie initiale en 1896, la seconde salle des machines (à vapeur, actuellement détruite) en 1896-97, le magasin et atelier de nickelage en 1896- 97 ; puis dans des phases ultérieures : le nouvel atelier mécanique en 1903-1904 (agrandi en 1907 et 1930), l´atelier de sablage meulage en 1904-1905, la centrale électrique avec turbine à vapeur en 1905, le magasin général remplaçant l´ancienne fonderie en 1909-1910. Les bâtiments élevés après cette date ont été détruits pour la plupart après la fermeture de l´usine en 1984. La production d´énergie initiale est assurée par une turbine Fontaine dans la salle des machines accolée à l´atelier de mécanique mais étant donné l´insuffisance de la puissance fournie, elle est épaulée par une seconde salle (1897-1901) où sont installées deux machines à vapeur de marque William et Robinson qui actionnent des groupes électrogènes. Face aux coûts engendrés, Clément décide en 1900 d´installer dans la première salle des machines deux groupes composés de turbines Teisset Brault Chapron, du type Fontaine à axe vertical de 140 ch., de multiplicateurs et de dynamos Hillairet Huguet à courant continu 120 volts/ 750 ampères. En 1924, ce matériel est remplacé par des turbines identiques à celles installées, au même moment, à la Centrale Mazarin (IA08000365). En 1905, une centrale électrique est construite pour recevoir le courant produit par la centrale Mazarin et celui produit par une machine à vapeur installée à l´intérieur de l´usine. De marque Garnier Faure Beaulieu, cette dernière développait 600 ch. Elle entraînait une génératrice de la Compagnie Electricité de Liège.
La vapeur était produite par deux chaudières Babcock et Wilcox de 205m2 chacune.
L´usine emploie 650 personnes en 1938 et 215 en 1942.
Datation(s) principale(s) : 4e quart 20e siècle ; 1er quart 20e siècle ; 2e quart 20e siècle
Date(s) : 1894 ; 1895 ; 1896 ; 1903 ; 1909 ; 1928
Justification de la datation : daté par travaux historiques ; date portée
Auteur(s) : Dardenne L. (architecte)
Justification de l'attribution : signature

Description

Commentaire descriptif : L´atelier de mécanique général initial est bâti en moellon calcaire avec chaînage en pierre de taille délimitant chaque travée. Ce bâtiment possède un étage de soubassement et un étage carré, les niveaux sont délimités par des planchers en dalles en béton armé portées par des poutrelles en I, elles-mêmes supportées par des poteaux en fonte et le couvrement est assuré par une terrasse en béton armé du même modèle. Les bureaux attenants sont en moellon calcaire sur un étage carré, avec à l´ouest une toiture en pavillon à charpente apparente en bois et couverture en ardoise, et une terrasse en béton armé pour l´agrandissement de 1928. L´atelier de nickelage et le Grand magasin sont construits un peu plus tard sur le même modèle que l´atelier de mécanique initial mais les allèges de leurs fenêtres intègrent un remplissage en briques. Dans le prolongement du Grand magasin, le tronçon subsistant de la fonderie initiale est en moellons, toit à longs pans à charpente en bois apparente couverte de tuiles mécaniques et surmontée d´un lanterneau en essentage de tôle. Dans la continuité de ce dernier bâtiment, l´atelier de sablage nickelage est en brique, toit en shed à charpente métallique apparente couverte de tuiles mécaniques et de verre. En face, la centrale électrique et la chaufferie sont construites en brique avec des charpentes métalliques apparentes couvertes de tuiles mécaniques mais le toit de la centrale électrique est en pavillon surmonté d´une verrière ; celui de la chaufferie est à longs pans. A l´extrémité nord de l´usine et jointif des deux constructions précédentes, le Nouvel Atelier de mécanique est édifié en moellons, sheds en charpente métallique apparente type Eiffel couverte de tuiles mécaniques et de verre ; elle repose sur six poteaux métalliques reposant sur des fondations de type Compressol. Etabli perpendiculairement au Nouvel Atelier de mécanique, l´entrepôt à acier possède des murs en pan de fer à remplissage en briques et toit à longs pans en charpente métallique apparente couverte de tuiles mécaniques et de verre.
Le logement patronal d´un étage carré est en brique et toit en pavillon couvert d´ardoise.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : brique ; moellon ; calcaire ; pan de fer
Matériau(x) de couverture : béton en couverture ; tuile mécanique ; verre en couverture ; ardoise
Vaisseau(x) et étage(s) : étage de soubassement ; 1 étage carré
Type et nature du couvrement : charpente en béton armé apparente ; charpente métallique apparente ; voûte en berceau segmentaire ; charpente en bois apparente
Parti d'élévation extérieure : élévation à travées
Type de la couverture : terrasse ; toit en pavillon ; toit à longs pans ; shed ; lanterneau ; verrière
Emplacement, forme et structure de l'escalier : escalier intérieur : escalier en équerre, en charpente métallique
Source d'énergie : énergie hydraulique ; produite sur place ; énergie thermique ; produite sur place ; énergie électrique ; produite sur place ; achetée
Technique du décor : maçonnerie ; sculpture
Etat de conservation : établissement industriel désaffecté ; menacé

Intérêt de l'oeuvre

Intérêt de l'oeuvre : à signaler
Elément(s) remarquable(s) : ateliers de fabrication ; salle des machines
Observations : Les différents ateliers de la Macérienne, usine modèle à l'époque, offre un large panorama des différentes techniques employées à des périodes très rapprochées et bien documentées. L'ancienne centrale électrique avec sa verrière en pyramide et le Nouvel atelier mécanique et sa charpente Eiffel sont remarquable.
SA des Anciens ets Clement-Bayard, à mézières : fonte malléable, dir Dumont ; 215 pers en décembre 1942 ; 2 cubilots 5 t, 2 convertisseurs, 2 cubilots 5 t avant creuser, 2 cubilots 4 t, 5 fours à recuire au charbon pulvérisé 10 t, 1 four à recuire au charbon pulvérisé 3 t, 2 fours à réchauffer, 1 four, 1 pont roulant 3 t, 1 sablerie, 1 sécheur à air chaud, 4 étuves à noyaux, laboratoire (machines de traction à choc, à billet), 17 machines à mouler à main, 5 machines à mouler à secousses, 20 machines à moulier à secousses et pression, 2 machines diverses, tonneau de dessablage à grenaille, 1 cabine, 1 compresseur 3 k 40 CV, 2 compresseurs 40 CV 7 k, 1 machines soufflante pour convertisseur 95 CV, 18 meules.
Oeuvre étudiée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété de la commune

La façade sur rue : à gauche le magasin général de 1909-10, au centre les bureaux de 1895, à droite l'atelier de mécanique initiale de 1894 et entre ces derniers, l'extension des bureaux de 1928
Plan du site


Documentation

Documents d'archives

AN, F12 9429, le fonds de l' OCRPI période 1940-1949.

Bibliographie

COLINET. R. La Macérienne des établissements Clément-Bayard (1894-1984). Revue Historique Ardennaise, t. XX. 1985, p. 67-99.

RISSE, Jean-Claude. Une figure ardennaise. Gustave Adolphe Clément-Bayard (1855-1928). Terres ardennaises, n, 2005, p. 10-20.

PONSIN. R. Centrale de la Macérienne. Située au centre des Ateliers. Revue historique ardennaise, t. XXII, 1987, p. 174-175.

PONSIN. R. Turbines de la Macérienne. Avenue Louis Tirman-Charleville-Mézières. Revue historique ardennaise. T. XXII, 1987, p. 177.



Illustrations

Des. 1
Plan du site
Fig. 2
Vue aérienne en 1897
Fig. 3
Vue générale de l'usine en 1897 : derrière les bureaux, la première centrale thermique aujourd'hui détruite
Fig. 4
M. Clément (au centre) dans l'atelier de mécanique en 1895
Fig. 5
Voiture Clément-Bayard produite avant la Première Guerre mondiale
Fig. 6
Tracteur Sandusky produit sous licence à partir de 1919
Fig. 7
Vue aérienne
Fig. 8
Vue aérienne
Fig. 9
Vue aérienne
Fig. 10
Vue aérienne
Fig. 11
Vue aérienne
Fig. 12
Vue aérienne
Fig. 13
La façade sur rue : à gauche le magasin général de 1909-10, au centre les bureaux de 1895, à droite l'atelier de mécanique initiale de 1894 et entre ces derniers, l'extension des bureaux de 1928
Fig. 14
Vue du site depuis le sud-est : à gauche l'atelier de mécanique de 1894 et à droite le logement patronal
Fig. 15
Façade sur rue de l'atelier de mécanique initial et de la salle des turbines à droite
Fig. 16
Fronton de l'atelier de mécanique initial
Fig. 17
Date et signature de l'architecte Dardenne sur la façade sur rue de l'atelier de mécanique initial
Fig. 18
Depuis la cour de l'usine : à gauche, le magasin et atelier de nickelage construit en 1897 au centre la cage de l'ascenseur de l'atelier de mécanique initial dont l'ascenseur sera installé en 1898 par la maison Moreau de Paris
Fig. 19
La façade sur cour de l'atelier de mécanique initial avec sa cage d'ascenseur
Fig. 20
La façade côté château patronal de l'atelier de mécanique initial prise depuis la salle des turbines ; vue sur le canal de fuite
Fig. 21
La façade arrière de l'atelier de mécanique initial depuis le nord-ouest ; au premier plan l'atelier de sablage-meulage et à sa droite la partie subsistante de la fonderie initiale
Fig. 22
L'étage de soubassement de l'atelier de mécanique initial
Fig. 23
Le premier étage de l'atelier de mécanique initial : des poutres métalliques en I supportées par des colonnes en fonte portent des voûtes en berceaux segmentaires en béton
Fig. 24
Le tableau de commande de la salle des turbines accolée à l'atelier de mécanique initial
Fig. 25
Les supports des alternateurs et de la transmission de la salle des turbines accolée à l'atelier de mécanique initial ; les alternateurs et leur transmission ont été vendus et transportés à la Centrale Mazarin à la fermeture de la Macérienne
Fig. 26
Le rez-de-chaussée de l'atelier de mécanique initial
Fig. 27
Les bureaux de 1895-96 à droite et ceux de 1928 faisant la jonction avec l'atelier de mécanique initial à gauche
Fig. 28
Le Magasin général depuis la rue : construit en 1909-10 à l'emplacement de la fonderie primitive qui a brûlé en 1908
Fig. 29
L'atelier de sablage-meulage, à droite, construit en 1904 et le reste de la fonderie primitive avec son lanterneau bâtie en 1896 et qui a brûlé en 1908 (remplacée par le magasin général à l'extrême gauche)
Fig. 30
La centrale électrique, à droite, et la centrale thermique, à gauche, bâties en 1905
Fig. 31
L'intérieur de la centrale électrique où se trouvaient la machine à vapeur Garnier Faure Beaulieu et des commutatrices qui transformaient le courant provenant des turbines électriques de la centrale hydroélectrique Mazarin
Fig. 32
Toit de la centrale électrique
Fig. 33
Intérieur de la centrale thermique où se trouvaient les deux chaudières Badcock et Wilcox
Fig. 34
Le toit de la centrale thermique
Fig. 35
Vue depuis l'ouest sur le Nouvel atelier mécanique construit en 1903-04 et agrandi à l'ouest en 1907 et au nord en 1930
Fig. 36
Le Nouvel atelier mécanique depuis l'ouest
Fig. 37
Vue intérieure du Nouvel atelier et de sa charpente Eiffel depuis le nord-ouest
Fig. 38
Vue intérieure du Nouvel atelier de mécanique depuis le sud
Fig. 39
Vue sur la charpente Eiffel du Nouvel atelier de mécanique
Fig. 40
Vue de détail de la charpente Eiffel du Nouvel atelier de mécanique
Fig. 41
Vue d'un des 6 supports de la charpente Eiffel du Nouvel atelier de mécanique
Fig. 42
Entrepôt de stockage de l'acier pour le Nouvel atelier mécanique et accolé à ce dernier, construit après 1930
Fig. 43
Intérieur de l'entrepôt à acier du Nouvel atelier mécanique
Fig. 44
Le château de la direction construit à proximité de l'usine en 1894

Voir

Champagne-Ardenne, Ardennes, Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)
Champagne-Ardenne, Ardennes, Logements et châteaux patronaux
Champagne-Ardenne, Ardennes, Usines de construction métallique
Charleville-Mézières, Préfecture (place de la), Centrale hydroélectrique Mazarin

Région Champagne-Ardenne / Direction de la Culture, Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel. Chercheur(s) : Marasi Julien ; Decrock Bruno.(c) Région Champagne-Ardenne, 2007. Renseignements : Centre de documentation de l’Inventaire, 3 Faubourg Saint-Antoine, 51000 Châlons-en-Champagne. Tél. : 03 26 70 85 94. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)