patrimoine industriel

Champagne-Ardenne, Ardennes

Charleville-Mézières, Abreuvoir (rue de l') 34,36

Usine métallurgique Manestamp, puis Demangel-Vence, puis l'Ardennaise de Forge

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2007

Désignation

Dénomination : usine métallurgique
Appellation et titre : Manestamp, puis Demangel-Vence, puis l'Ardennaise de Forge
Partie(s) constituante(s) non étudiée(s) : atelier de fabrication ; bureau ; hangar industriel ; entrepôt industriel ; salle des machines ; transformateur ; aire des matières premières ; château d'eau ; chaufferie ; voie ferrée

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 2009 AP 184
Numéro INSEE de la commune : 08105
Aire : Ardennes
Canton : Charleville-Centre
Milieu d'implantation : en ville

Historique

Commentaire historique : Lucien Demangel, est l´un des premiers introducteurs de l´estampage en France. En 1902, il transforme sa société créée en 1880 (Etablissements Demangel et fils situés rue Rénier) en société anonyme dénommée Manufacture Ardennaise d´Estampage ou Manestamp et construit sa nouvelle usine rue de l´Abreuvoir en 1906. La Première Guerre mondiale endommage fortement le site. En 1922, la reconstruction totale de l´usine est terminée et la fabrication se diversifie avec la production de pièces par forgeage. En 1974, le rachat des usines de la Vence à Mohon transforme la raison sociale en Demangel-Vence, filiale du groupe Cockerill. L´usine travaille alors essentiellement pour l´automobile et plus particulièrement pour Peugeot. La chute des commandes de ce secteur à partir de 1979 amorce le déclin de l´usine et sa fermeture en 1983. L´Ardennaise de Forge (société coopérative) est créée la même année. La faillite de l´entreprise en 1993 entraîne la destruction de bâtiments situés au nord du site en 1994. L´usine est depuis lors à l´abandon. L´ensemble des bâtiments subsistants date de la reconstruction achevée en 1922.
En 1914, 70 pilons et moutons y sont installés et actionnés par la vapeur produite par des chaudières qui alimentent également la salle des machines. Au cours des années 70, on installe la plus puissante presse de France. Elle développait 6300 tonnes de poussée. En 1914, 400 ouvriers produisent annuellement 3000 tonnes de pièces estampées et après la reconstruction, 500 en produisent 6000 tonnes.
En 1943, les effectifs sont de 224 personnes et de 195 juste avant son déclin.
Datation(s) principale(s) : 1er quart 20e siècle ; 20e siècle
Date(s) : 1906 ; 1922
Justification de la datation : daté par source

Description

Commentaire descriptif : L´établissement s´ouvre sur une façade noble, rue de l´Abreuvoir, formant les bureaux et services administratifs. Ils sont constitués de trois entités dont la plus élevée, la direction, comporte un étage carré et un étage de comble couvert d´un toit brisé en pavillon en ardoise. L´appareillage des murs est en pierre de taille calcaire de Dom-le-Mesnil, avec moellon et brique en remplissage. La modénature offre un décor de guirlandes et agrafe (murs de la direction), pilastres engagés (revers des bureaux). Les entrées sont surmontées d´un fronton triangulaire et les huisseries sont protégées par de la ferronnerie.
Côté production, un premier hangar en pan de fer et charpente métallique apparente à longs pans et remplissage en parpaing jouxte un atelier de fabrication dont les murs en brique portent une terrasse en béton, rythmée par des verrières soutenues par des poutrelles métalliques rivetées. Plus au sud, la centrale électrique est construite sur le même modèle mais le volume est plus élancé et son mur sud est percé de grande baies en plein-cintre. Accolée à cette dernière, la salle des chaudières reçoit une toiture métallique supportée par des murs en brique.
La vapeur produite pour alimenter les pilons et l´usine électrique provenait d´un château d´eau métallique implanté à proximité et alimenté par des réservoir constitués de murs en béton armé maintenus par des équerres en métal riveté. Joignant cet ensemble énergétique, les halles de forges se présentent en deux ensembles. L´un est composé de trois vastes bâtiments en pan de fer et remplissage en parpaing de béton, charpente métallique et toits à longs pans. La charpente métallique de l´un de ses deux vaisseaux a été surélevée afin de pouvoir accueillir une presse de 6300 tonnes. Le second ensemble comporte dix travées couvertes de shed en charpente métallique et de tuiles mécaniques. On trouve encore au sol dans les ateliers de fabrication des rails de voie ferrée.
Matériau(x) de couverture : tuile mécanique ; ciment amiante en couverture ; béton en couverture ; verre en couverture ; ardoise
Vaisseau(x) et étage(s) : 1 étage carré ; en rez-de-chaussée ; étage de comble
Type et nature du couvrement : charpente en bois apparente ; charpente métallique apparente ; en béton armé
Type de la couverture : toit à longs pans ; verrière ; shed ; toit à longs pans brisés ; toit brisé en pavillon ; terrasse
Emplacement, forme et structure de l'escalier : escalier intérieur : escalier en équerre, en charpente
Source d'énergie : énergie thermique ; produite sur place ; énergie électrique ; produite sur place ; achetée
Etat de conservation : établissement industriel désaffecté ; menacé

Intérêt de l'oeuvre

Elément(s) remarquable(s) : salle des machines
Observations : La centrale électrique et la salle des chaudières accolée sont encore un des rares exemples conservés de l'immédiat après-guerre.
Demangel & Manestamp Réunis, 34 rue de l'Abreuvoir à Charleville : forge et estampage ; 224 personnes en 1943.
Oeuvre étudiée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété de la commune

Halle de forge qui contenait les moutons à vapeur lors de la reconstruction : surélévation en partie gauche due à la presse de 6300 tonnes
Plan du site


Documentation

Bibliographie

COLINET. R. Au coeur de l'industrialisation de l'Ardenne du nord, ou l'étude des archives du tribunal de commerce de Charleville de 1860 à 1914. Revue Historique Ardennaise, tome XXII, année 1987, p. 104.

Le Monde Illustré, La Reconstitution des Régions dévastée, tome huitième, Les Ardennes 1918-1922, 65e année, Paris, 20 août 1922, p. 43, p. 43.

L'ardennaise de Forge en redressement judiciaire, L'Ardennais, 7 février 1992.

CART. M., Les années 1900. Revue Historique Ardennaise, tome XXXIII, année 1998, p. 168.

CHOPPLET. B. Demangel-Vence : l'histoire d'une longue agonie, L'Ardennais, 27 mai 1983.

HOUNCHERINGER. J.-P. . Depuis lundi matin, 67 personnes travaillent à l'Ardennaise de Forge, L'Ardennais, 27 octobre 1983.



Illustrations

Des. 1
Plan du site
Fig. 2
Vue depuis le plateau de Berthaucourt avant la Première Guerre mondiale
Fig. 3
Vue depuis le plateau de Berthaucourt pendant l'entre-deux guerres
Fig. 4
Bâtiments détruits en 1994
Fig. 5
Presse de 6300 tonnes en action
Fig. 6
Vue aérienne (en bas il s'agit des Aciéries de Charleville)
Fig. 7
Vue aérienne
Fig. 8
Les bureaux depuis la rue
Fig. 9
Une partie des bureaux depuis la rue
Fig. 10
Détail d'une entrée donnant sur la rue des bureaux
Fig. 11
Entrée des bureaux côté usine
Fig. 12
Bâtiment en brique et toit en béton de l'angle nord-ouest
Fig. 13
Intérieur du bâtiment en brique de l'angle nord-ouest
Fig. 14
Détail de la toiture du bâtiment de l'angle nord-ouest
Fig. 15
Hangar nord
Fig. 16
Intérieur du hangar nord
Fig. 17
Halle de forge qui contenait les moutons à vapeur lors de la reconstruction : surélévation en partie gauche due à la presse de 6300 tonnes
Fig. 18
Halle de forge : première travée (nord)
Fig. 19
Halle de forge : seconde travée (sud)
Fig. 20
Halle de forge qui contenait les moutons à vapeur : attenante aux chaudières et à la centrale électrique et en retour d'équerre par rapport aux deux autres travées
Fig. 21
Salle des chaudières
Fig. 22
Intérieur de la salle des chaudières
Fig. 23
Extérieur de la centrale électrique
Fig. 24
Intérieur de la centrale électrique
Fig. 25
Toit de la centrale électrique
Fig. 26
Château d'eau et ses réserves d'eau à ses pieds (en bas à gauche)
Fig. 27
Réserves d'eau du château d'eau
Fig. 28
Intérieur de bâtiments secondaires situés à l'ouest
Fig. 29
Extérieur des bâtiments à toits en shed accolés aux halles de forge
Fig. 30
Intérieur des bâtiments à toits en shed accolés aux halles de forge

Voir

Champagne-Ardenne, Ardennes, Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)
Champagne-Ardenne, Ardennes, Usines d'estampage et grosses forges

Région Champagne-Ardenne / Direction de la Culture, Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel. Chercheur(s) : Marasi Julien ; Decrock Bruno.(c) Région Champagne-Ardenne, 2007. Renseignements : Centre de documentation de l’Inventaire, 3 Faubourg Saint-Antoine, 51000 Châlons-en-Champagne. Tél. : 03 26 70 85 94. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)