patrimoine industriel

Champagne-Ardenne, Ardennes

Nouzonville, Grande Allée (rue de la)

Usine d'armes dite Manufacture Royale d'armes de Nouzonville, actuellement salle de sport et musée

Type de dossier : individuel Date de l'enquête : 2007

Désignation

Dénomination : usine d'armes
Appellation et titre : dite Manufacture Royale d'armes de Nouzonville
Destinations successives et actuelles de l'édifice : salle de sport ; musée
Partie(s) constituante(s) non étudiée(s) : magasin industriel ; atelier de fabrication ; bassin de retenue

Compléments de localisation

Référence(s) cadastrale(s) : 2009 AK 47 ; AL 209
Numéro INSEE de la commune : 08328
Aire : Ardennes
Canton : Nouzonville
Milieu d'implantation : en ville
Cours d'eau : Goutelle (la)

Historique

Commentaire historique : L'ancienne propriété d'un maître de forges nommé Robillard est achetée en 1688 par Maximilien Titon et Victor Fournier, alors directeur de la police et receveur des deniers de Charleville. Commence alors la construction d'un ensemble d'usines entouré rapidement d'une enceinte au lieu-dit La Forge de Nouzon (en 1690-91). La manufacture, installée au fond de la vallée de la Goutelle, utilise la force hydraulique du cours d'eau ; une prise d'eau et un canal sont construits. Le site est pourvu d'une enceinte et fait office de garnison de 80 hommes à plein temps. L'usine est spécialisée dans la fabrication des canons de fusil. Les métallurgistes utilisaient le fer de l'abbaye d'Orval, l'acier d'Allemagne et le fer refondu issu de la récupération de petites ferrailles ; le montage et l'épreuve des fusils ayant lieu à Charleville par des spécialistes et les équipes monteurs. La platinerie et la garniture du canon étaient assurées en sous-traitance par des artisans dispersés dans les bourgs. L'activité de cette manufacture se calque sur le rythme des commandes militaires ; elle fut prospère jusqu'en 1769, sous la Révolution et l'Empire. Elle s'agrandit en 1772 d'une fabrique d'arme blanches où l'on aiguisait les baïonnettes et les baguettes. En 1784, une annexe fut fondée à La Cachette, en amont de La Forge. Pendant la période 1789-1815, la production double. Puis un déclin progressif s'en est suivi, jusqu'à la fermeture définitive en 1836. Le choix est alors fait de privilégier la manufacture d'armes de la ville de Saint-Etienne. Après l'achat des bâtiments par le maître de forges Jean-Nicolas Gendarme en 1837, le site sera diversement occupé durant la deuxième moitié du 19e siècle : Nicolas Maudière installe sa ferronnerie en 1859, François Fuzelier implante une fonderie en 1860, Louis Gustave Thomé un atelier de forge en 1869. Le site de la Manufacture Royale de Nouzonville est presque entièrement démoli en 1986. Une salle de sport a intégré l'ancien magasin construit en 1689 (porte la date) ; l'atelier de la grande forerie accueille actuellement le musée du Vieux Nouzon.
Datation(s) principale(s) : 4e quart 17e siècle ; 4e quart 18e siècle
Date(s) : 1689
Justification de la datation : date portée ; daté par travaux historiques

Description

Commentaire descriptif : Quelques bâtiments subsistent de l'ancienne Manufacture : le magasin construit en 1689 (date portée), le bassin de retenue situé à proximité, deux des huit tours de l'ancienne enceinte, dont l'une est intégrée à une école située en amont du site, le bâtiment de la grande forerie qui s'élève sur un étage carré, avec moellon calcaire et enduit de ciment. Le magasin (1689) est en moellon calcaire et encadrements en pierre de taille. La toiture est à longs pans et demi-croupe couverte d'ardoise.
Matériau(x) de gros-oeuvre et mise en oeuvre : calcaire ; pierre de taille ; schiste ; moellon
Matériau(x) de couverture : ardoise ; tuile mécanique
Vaisseau(x) et étage(s) : 1 étage carré
Type de la couverture : toit brisé en pavillon ; toit à longs pans ; demi-croupe
Source d'énergie : énergie hydraulique ; énergie thermique
Etat de conservation : établissement industriel désaffecté ; restauré

Intérêt de l'oeuvre

Observations : Les quelques bâtiments subsistants du site de la Manufacture d'armes de Nouzonville sont les uniques témoins de l'importante activité métallurgique créée à Nouzonville au 17e siècle. Elle est le foyer de la spécialisation du travail du fer qui se développera dans le reste de la vallée de la Meuse et de la Semoy après sa fermeture en 1836.
Oeuvre étudiée

Situation juridique

Statut de la propriété : propriété de la commune

Vue générale sur le magasin industriel daté 1689, actuellement salle de sport
Plan du site


Documentation

Bibliographie

COLINET, René. Métallurgie ardennaise, Un terriroire des usines et des hommes. ORCCA/ Castor et Pollux, Epernay Chassigny, 2001, 159 pages.

CORDIER, Pol. En passant par la Goutelle, vers 1987, pp. 162-172.

ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987, p. 89-102.



Illustrations

Des. 1
Plan du site
Fig. 2
La Forge au début du 20e siècle
Fig. 3
Logements du quartier de la manufacture en 1982
Fig. 4
Vue générale sur le site de La Forge lieu-dit de la manufacture
Fig. 5
Vue générale sur le site de la Forge
Fig. 6
Vue générale sur le site de La Forge en 1982
Fig. 7
Depuis l'ouest le bâtiment des soudeurs de canons, en 1982
Fig. 8
Logements (1982)
Fig. 9
Bâtiment de La Forge, 1982
Fig. 10
Vue aérienne
Fig. 11
Vue aérienne
Fig. 12
Plan de la Manufacture de Nouzon, 17e siècle
Fig. 13
Vue générale sur le magasin industriel daté 1689, actuellement salle de sport
Fig. 14
Vue générale
Fig. 15
Bâtiment de la grande forerie. Il fut à partir de 1869 le bâtiment de la première usine Thomé
Fig. 16
Vue sur le bâtiment de la grande forerie, actuellement musée
Fig. 17
La magasin du 17e siècle (1689) intégré à la salle de sport
Fig. 18
L'étang de La Forge
Fig. 19
L'étang de La Forge
Fig. 20
L'étang de La Forge
Fig. 21
L'étang de La Forge
Fig. 22
Vannage de l'étang
Fig. 23
Vestiges de murs et pont passant sur la Goutelle
Fig. 24
Espace dégagé par la démolition des bâtiments de la Manufacture Royale d'armes
Fig. 25
Vestige de la tour de l'infirmerie
Fig. 26
Vue générale
Fig. 27
Le magasin depuis le nord-est, intégré à la salle de sport
Fig. 28
Flanc nord-est du magasin
Fig. 29
Portail de la façade nord-ouest du magasin
Fig. 30
Magasin de stockage du charbon : agrafe portant la date 1689
Fig. 31
Matériaux de construction : moellons de schiste et calcaire de Dom-le-Mesnil en pierre de taille
Fig. 32
L'école primaire construite en 1879, rue Jean Jaurès, intègre l'une des tours de l'ancienne enceinte
Fig. 33
Maquette du site de La Forge présenté dans le musée implanté dans l'un des anciens bâtiments : ici le site au 17e siècle
Fig. 34
Maquette du site au 19e siècle (musée du vieux Nouzon)

Voir

Champagne-Ardenne, Ardennes, Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)
Champagne-Ardenne, Ardennes, Usines d'armes
Champagne-Ardenne, Ardennes, Usines de construction métallique

Région Champagne-Ardenne / Direction de la Culture, Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel. Chercheur(s) : Bennani Maya ; Decrock Bruno.(c) Région Champagne-Ardenne, 2007. Renseignements : Centre de documentation de l’Inventaire, 3 Faubourg Saint-Antoine, 51000 Châlons-en-Champagne. Tél. : 03 26 70 85 94. Document produit par Renabl6 : (c) Pierrick Brihaye (Région Bretagne, SINPA) / Yves Godde (Ville de Lyon)